Histoire
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À l’origine
Selon la légende, l'abbaye aurait été fondée par Énimie, fille du Roi Clotaire II, guérie de la lèpre après s'être baignée dans la source de Burle. Entre le VIIIème et le Xème siècle, les deux monastères, l’un de femmes, l’autre d’hommes, furent détruits par les invasions. L’évêque de Mende céda les ruines du monastère masculin à l’abbaye de Saint-Chaffre-en-Velay, en 951. Le monastère subsiste jusqu’en 1789. À la Révolution, il est détruit de nouveau et son mobilier, ainsi que celui de l’église, est brûlé. L’abbaye est désaffectée et sert de carrière. Ne subsistent alors que la chapelle Sainte-Madeleine, des vestiges des fortifications et le réfectoire des moines, baptisé “salle capitulaire”. Sous celle-ci, une crypte s’étend sur toute la longueur non loin de la salle Poujols, qui lie la bâtisse au centre-bourg avec une ouverture Place du Plô.
La commune des Gorges du Tarn Causses (901 habitant·es), qui regroupe 51 villages et lieux-dits parmi lesquels Quézac, Montbrun et Sainte-Énimie, est propriétaire de l’édifice. Fermé au public depuis une dizaine d’années, l’ancien monastère fait l’objet de nombreuses demandes de visites en raison de ses vestiges et proportions remarquables. Il est classé au titre des monuments historiques depuis 1932.
2024
Consciente du potentiel de ce site inoccupé, la municipalité souhaite transformer ce lieu emblématique en un nouvel atout culturel du territoire, vivant tout au long de l’année et ouvert aux publics. Une concertation à l’échelle locale et des entretiens avec les acteurs et techniciens du territoire ont permis d’envisager le monastère comme un lieu-phare, qui respecterait à la fois l’authenticité de son patrimoine, mais aussi des valeurs sociales et solidaires fortes.
C’est pourquoi, accompagnée dans cette démarche par le PETR Sud Lozère et la communauté de communes, la mairie décide de lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) national, dans le but de réouvrir l’ancien monastère de Sainte-Énimie.
Une première campagne de restauration du bâti et de fouilles sont menées sur le site.
2025
Un groupe composé de 3 personnes – Margaux Bonopera et Alice Durel, aidées de Samy Rio à l’appui technique – est retenu comme porteur du projet après avoir présenté à un jury composé de la commune et de nombreux partenaires territoriaux, une proposition ambitieuse et fédératrice : la création d’un « Centre d’art citoyen ».
Celle-ci émane de leur observation du territoire et des initiatives culturelles en présence. La Lozère est un département possédant de nombreuses ressources de différents types y compris culturelles, mais pas de centre d’art entendu selon les critères développés par le label CACIN (Centre d’Art Contemporain d’Intérêt National) en lien avec ceux défendus par le réseau DCA (Association Française de Développement des Centres d’Art) qui fédère aujourd’hui 58 centres d’art en France, dont 8 sont situés en Occitanie.
Le groupe défend l’intérêt de créer un lieu consacré à la présentation des pratiques artistiques contemporaines en Lozère avec une identité forte. Si ce projet de centre d’art citoyen a vocation à porter les actions, missions et objectifs propres à un centre d’art contemporain, il fonctionne en réponse à la notion de citoyenneté. Celle-ci se déploie et s’active au travers de la gouvernance du lieu (bureau de l’association et conseil d’administration composés de citoyen·nes), de la programmation artistique (artistes invités, expositions et œuvres produites ou présentées, évènements et ateliers nécessitant un lien direct avec les habitant·es) ainsi que de l’accueil fait aux initiatives locales en facilitant l’usage d’un ou plusieurs espaces du lieu.
2026
En janvier, la première esquisse des travaux d’aménagement de l’ancien monastère – produite par l’agence Trabon, architecte en chef des monuments historiques – et son budget sont validés par les porteurs de projet et le conseil municipal.
S’est tenue ensuite la première assemblée générale de l’association du centre d’art citoyen, qui a permis d’élire un conseil d’administration de 10 membres, composé pour plus de la moitié d’habitant·es du village. Le groupe d’adhérent·es s’agrandit, portant le nombre total au 1er février à 130, dont 2/3 de résident·es du territoire. L’appellation du centre d’art citoyen est également choisie par les adhérent·es, désormais nommé CLAC – Centre Lozérien d’Art & Citoyenneté. Dès le printemps et l’été, des résidences d’artistes, actions culturelles et une programmation hors-les-murs sont orchestrées.
2027
La phase de travaux de toutes les parties supérieures de l’ancien monastère (entrée, salle voûtée, salle capitulaire et cour) est engagée dans une optique d’inauguration et d’ouverture aux publics. Les porteurs de projets poursuivent leurs actions culturelles enrichies par une programmation artistique et citoyenne connectée au niveau national et international.
Photo © Grégoire d’Ablon